Lalalangue
Prenez et mangez-en tous

Texte et interprétation de Frédérique Voruz
Mise en scène de Simon Abkarian
Collaboration artistique Franck Pendino

L’histoire de « Lalalangue » est avant tout l’histoire d’une mère. Du corps d’une mère. Un corps unijambiste, cette mère ayant perdu sa jambe gauche lors d’un accident de montagne et qui dit sur son lit d’hôpital : « je me vengerai sur les enfants ».
C’est le témoignage du Petit Poucet devenue femme, qui nous raconte l’enfance dans l’antre de la mère dévoratrice et du père doux dingue qui parle aux arbres. C’est le récit de la vengeance de cette mère, de sa folie catholique, et de la petite fille qui s’est sauvée par la psychanalyse et le théâtre.
Un conte contemporain un brin puritain à faire froid dans le dos, et à faire rire à s’en déboîter la mâchoire.

« Lalalangue » est un seule en scène autobiographique, un récit de vie teinté d’humour noir, une histoire de famille. C’est un spectacle sur l’enfance, la construction de l’identité dans l’adversité, et sur l’humour qui permet de mettre le réel à distance. Frédérique Voruz interprète tous les personnages, notamment celui de la psychanalyste qui jalonne le spectacle de ses saisissantes interprétations.
En psychanalyse Lacanienne, la lalalangue est le dictionnaire familial, tout cet ensemble de mots qui ne veut dire quelque chose que pour une famille donnée.
Il est donc question de langage, du poids des mots dont il faut se libérer pour avancer, mais aussi du langage comme salvation : selon Lacan, l’inconscient se construit sur le langage. La transcendance des mots assassins qui, dans « Lalalangue », deviennent un outil de poésie.

« Lalalangue est une confession héroïque. » Ariane Mnouchkine

Agenda

17 juin 2018, lecture publique à Saint Julien En Saint Alban (07), à la Chapelle Des Roberts
octobre 2018, résidence et restitution à l’Annexe du train de vie, à Romainville (93)
mars 2019, premières représentations à l’Ogresse Théâtre, Paris
avril 2019, finalisation de la création (création son, lumière, travail du jeu)
7, 14 et 21 mai 2019, à l’Ogresse Théâtre, Paris
8 Juin 2019, au Théâtre du Soleil, Cartoucherie, Paris
du 13 au 17 novembre 2019, au Lavoir Moderne Parisien, Paris
29 janvier – 9 février 2020, au Théâtre du Soleil, Cartoucherie, Paris
25 octobre 2020, Cirque Electrique
10 et 11 avril 2021, Cirque Electrique (représentations pour les professionnels)
4 septembre 2021, Festival « Loueuse en Vrac », Loueuse (60380, Oise)
du 6 au 10 octobre 2021, Cirque Electrique billetterie
1er avril 2022, Centre Culturel de Fougères → billetterie

Extraits d'articles de presse

Journal d’Armelle Héliot / Armelle Héliot
(…) Une plongée féroce dans la folie destructrice, haine comme amour mêlés. (…) On rit beaucoup. Elle est drôle, cocasse, terrible dans la détresse comme dans la fureur cette jeune femme. Cette comédienne qui nous livre une part de sa vie. Le visage est d’une mobilité et d’une expressivité irrésistibles. Le regard magnifique d’intelligence et de sensibilité. La voix parlée et la voix chantée, harmonieuses. Le don de l’imitation, subtilement travaillé. Frédérique Voruz ne se contente pas de dévoiler ses secrets de famille, ses secrets de maturation en quelque sorte. Comment elle a grandi ? Comment elle est devenue comédienne ? Non, elle joue sa vie, littéralement. Elle prend des risques. Elle est comme une acrobate sur un fil. Mais elle ne se casse pas la figure. (…)
→ LIRE +

L’Humanité / Gérald Rossi
Il fallait oser. Frédérique Voruz l’a fait.
(…) Elle déroule son aventure personnelle. (…) Au-delà de ce récit sensible, à la limite du tragique mais follement drôle, Lalalangue, qui, selon le jargon psychanalytique lacanien, évoque le dictionnaire ayant cours dans la seule famille concernée, est l’occasion de saluer un travail remarquable. Et une comédienne talentueuse. → LIRE +

CritiqueThéâtreClau / Claudine Arrazat
Bouleversant, Drolatique, Époustouflant.
Quel talent ! Frédérique Voruz nous émeut, nous chavire, nous amuse et nous interpelle. (…)
Elle nous conte avec ferveur et humour l’histoire de son enfance dominée par une mère castratrice, catholique et unijambiste se vengeant de sa souffrance sur ses enfants. (…) C’est vivant, dynamique, transperçant sans jamais tomber dans le pathos. → LIRE +

Théatrorama / Dany Toubiana
(…) dans sa pièce, chaque mot claque comme une gifle, fait mouche et se déploie dans tous les sens, pour finalement laisser émerger la tendresse sous la rosserie, les larmes sous les rires et la colère sous la dérision.  (…) en utilisant l’humour comme un abrasif, elle fait de cette histoire émouvante et tumultueuse une ode à ce métier de comédienne. → LIRE +

SYMA news / Florence Yérémian
Avec autant d’humour que d’amertume, elle nous le raconte via le prisme théâtral d’une séance chez le psy. (…)
De ce spectacle intime et sans artifice ressort une grande force verbale mais aussi mentale. (…) Très complice avec son public, elle le promène de sa maison sale au divan de son psy en usant d’humour noir et d’autodérision. (…)
Quant au texte, il est haletant et d’une suintante cruauté. (…)
Il y a une belle puissance dans cette confession scénique. Il y a aussi de la peine un peu dissimulée et presque une envie de pardon… → LIRE +

Spectacles Sélection / Annick Drogou
« Lalalangue »…, à force de pratiquer et de maîtriser, par le corps et les mots, cette langue propre à la famille, Frédérique Voruz trouvera le chemin d’une rédemption joyeusement mécréante, loin des péchés de sa mère et de l’atmosphère délétère des pieuses folies.
Par la variété hilarante de ses voix, par ses mimiques et sa gestuelle à la mesure de la démesure, elle compose en solo un véritable opéra en hommage à la force salvatrice du rire et du théâtre. → LIRE +

Toute la culture / David Rofé-Sarfati
L’affaire est une tragédie, la chronique du destin qui s’abat sur une famille sous le regard indifférent de leur Jésus-Christ miséricordieux. Elle est aussi une magnifique apologie illustrée de la psychanalyse.
(…) Loin des coupages de cheveux en quatre, les spectateurs auront été envahis d’émotion par un texte radicalement juste et émouvant. Ils auront découvert une comédienne belle et rayonnante, à l’énergie débordante et à l’humour d’autodérision délicieux, au witz édifiant et efficace. → LIRE + 

Webtheatre / Gilles Costaz
C’est féroce, à la mesure des blessures infligées. Dans un rythme soutenu et selon les variantes d’un jeu musclé, malicieusement réglé par Simon Abkarian lui-même, Frédérique Voruz prend, sans solennité et dans une truculence dadaïste, la défense de tous les enfants humiliés. Cette réponse de la bergère à son bourreau surclasse tant de one woman shows qui trichent sur le feu de la colère. Ici, la flamme est violente mais noble. → LIRE +

Les 3 coups / Léna Martinelli
Son carburant ? L’humour noir et l’autodérision. Cette histoire ferait froid dans le dos, si elle ne faisait tant rire.
(…) Cette revue familiale est l’acte de renaissance d’une comédienne. Une formidable ode à la psychanalyse et au théâtre. Un remarquable spectacle qu’on espère repris très prochainement. → LIRE +

Hotello / Véronique Hotte
Mais la puissance de vivre de la comédienne est hors-norme : elle se décide à faire du théâtre son métier et sa raison de vivre, moqueuse, désinvolte et irrévérencieuse.
(…)  Dansant, virevoltant, puis prenant assise sur une chaise, une jambe repliée rappelant la mère handicapée, la fillette éternelle irradie la scène de la lumière qu’elle recèle. → LIRE +

Arts Chipels / Sarah Franck
(…) Frédérique Voruz choisit d’en rire et de nous en faire rire. On chemine sur un fil ténu entre l’insupportable et le cocasse, mais jamais Frédérique Voruz ne cède au pathos. L’humour est la politesse du désespoir, mais aussi son remède. → LIRE +

Compagnie Aléthéia

La Compagnie Aléthéia est fondée en juillet 2018, elle porte les projets de l’auteure et interprète Frédérique Voruz.

« « Aléthéia », en Grec, signifie La Vérité : mot composé du a- privatif et du nom propre « Léthé », ce fleuve mythique où l’âme humaine, après avoir contemplé les « idées vraies » et avant de revenir sur terre, doit se baigner dans ses « eaux oublieuses ».
Il faut donc entendre que la Vérité, c’est ce que serait (saurait) une âme qui, revenue parmi les hommes, se souviendrait encore de ce « monde des idées », là où elle a pu contempler la vraie essence de chaque chose. »
Une quête donc, un idéal d’une parole juste, vraie, honnête, et d’une lucidité sur soi-même.
« La « Parole de vérité » est aussi une parole qui met en jeu la mémoire. »
L’écriture de Frédérique Voruz prend racine dans son expérience personnelle, son enfance, sa vie, son métier, et ce à travers le prisme de la psychanalyse lacanienne. Dans son travail, il est donc question du langage. Selon Lacan l’inconscient s’est construit sur le langage. Le bon analyste doit prononcer la phrase clef « on s’arrête là » au moment où point un mot qui nous échappe et par là même renseigne quelque chose de notre position. Ainsi notre inconscient change, et donc nous-même.
Frédérique joint cet art de la parole à l’art du geste qu’est le théâtre, mettant en corps le processus psychanalytique, témoignant ainsi avec un humour débridé des méandres de son évolution intime. Le récit singulier devient universel, le théâtre devient le lieu de la sublimation, le second degré devient une arme de guérison, et par le théâtre, la tragédie devient comédie.

Frédérique Voruz travaille actuellement sur l’écriture d’un deuxième texte. Un seule en scène également, une sorte de suite de Lalalangue qui traiterait de sa construction de femme, la difficulté d’accepter sa féminité, son rapport aux hommes. Le père sera plus présent dans ce texte. Et la grand-mère paternelle aussi, dont l’un des adages donne son titre au spectacle : « Nous les hommes »